Risques psychosociaux au travail : pourquoi les signaux faibles coûtent plus cher que les crises visibles
- Catherine Davo

- 10 janv.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 17 janv.
Pourquoi les Risques Psychosociaux (RPS) sont encore trop souvent abordés quand il est déjà trop tard.

Introduction
Dans bien des organisations, on parle de risques psychosociaux lorsqu’une situation devient critique : burn-out, arrêt de travail prolongé, conflit ouvert ou départ précipité d’un employé clé.
Pourtant, les risques psychosociaux (RPS) ne surgissent jamais du jour au lendemain. Ils s’installent lentement, souvent de manière silencieuse, jusqu’à ce que le coût humain, organisationnel et financier devienne impossible à ignorer.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les troubles liés au stress professionnel figurent aujourd’hui parmi les premières causes de perte de productivité et d’absentéisme dans les organisations modernes.
La véritable question n’est donc pas :Comment gérer une crise ?Mais plutôt :Comment repérer et traiter les signaux faibles avant qu’ils ne se transforment en crise ?
Les risques psychosociaux ne commencent pas par un burn-out
Le burn-out est un symptôme visible. Les RPS, eux, prennent racine bien en amont.
Ils peuvent se manifester par :
une fatigue émotionnelle persistante,
une perte progressive de motivation,
un désengagement discret,
une irritabilité accrue,
un repli relationnel,
une baisse d’initiative ou de créativité.
Selon Gallup – State of the Global Workplace, près de 60 % des employés se déclarent aujourd’hui désengagés émotionnellement dans leur travail. Ce désengagement est directement associé à une hausse :
de l’absentéisme,
du roulement de personnel,
des erreurs opérationnelles,
et des coûts de santé organisationnels.
Ces signaux sont souvent banalisés, interprétés comme temporaires ou attribués uniquement à la charge de travail. Pourtant, ils constituent les premiers indicateurs mesurables d’un déséquilibre psychosocial.
Les signaux faibles que les gestionnaires sous-estiment le plus
Dans les équipes que j’accompagne, certains signaux reviennent de façon récurrente :
Des micro-conflits répétitifs
Des tensions mineures, mais constantes, qui épuisent l’énergie collective.
Le présentéisme
Des employés présents physiquement, mais absents mentalement.
Une communication plus sèche ou évitante
Moins d’échanges spontanés, plus de silences, plus de non-dits.
Une surcharge invisible chez les gestionnaires
Les leaders eux-mêmes deviennent des porteurs silencieux du stress organisationnel.
👉 Pris isolément, ces éléments semblent anodins.
👉 Pris ensemble, ils constituent un signal d’alerte majeur.
Pourquoi les organisations passent à côté de ces signaux
Malgré les bonnes intentions, plusieurs facteurs freinent la prévention des RPS :
une culture axée uniquement sur les résultats à court terme,
un manque de formation des gestionnaires à la lecture des signaux humains,
la croyance que « ça va passer »,
la peur d’ouvrir des discussions perçues comme délicates ou chronophages.
Selon la CNESST, une grande partie des situations de détresse au travail auraient pu être atténuées par des actions précoces de prévention et de dialogue.
Résultat : on agit trop tard, lorsque les marges de manœuvre sont déjà réduites.
Les risques psychosociaux : un enjeu stratégique RH
Aujourd’hui, les RPS ne relèvent plus uniquement du bien-être individuel.Ils ont un impact direct et mesurable sur :
la rétention des talents,
la performance collective,
l’absentéisme et le présentéisme,
la réputation de l’employeur,
la capacité de transformation de l’organisation.
Selon Deloitte, les organisations qui investissent dans la prévention de la santé psychologique constatent :
une amélioration significative de l’engagement,
une diminution des coûts liés au roulement,
et une meilleure résilience organisationnelle.
Pour les équipes RH, la prévention des RPS devient donc un levier stratégique, au même titre que le développement des compétences ou la planification de la relève.
Le rôle clé du leadership dans la prévention des RPS
La prévention des risques psychosociaux ne repose pas uniquement sur des politiques ou des outils. Elle repose avant tout sur la posture des leaders et des gestionnaires.
Un leadership humain et conscient permet de :
créer un climat de sécurité psychologique,
encourager une parole authentique,
clarifier les attentes et les priorités,
reconnaître la charge mentale et émotionnelle,
ajuster avant que la rupture ne survienne.
👉 Prévenir les RPS, ce n’est pas devenir thérapeute.
👉 C’est être attentif, présent et cohérent.
Prévenir les risques psychosociaux : une responsabilité collective
Une prévention efficace repose sur une responsabilité partagée :
RH
Mettre en place des cadres clairs,
Outiller les gestionnaires,
Suivre des indicateurs humains, pas uniquement financiers.
Gestionnaires
Observer, écouter, ajuster,
Oser nommer ce qui se vit,
Donner l’exemple par leur posture.
Organisation
Aligner les discours et les pratiques,
Valoriser la santé psychologique comme un enjeu de performance durable,
Créer des espaces de dialogue structurés.
Prévenir plutôt que réparer
Investir dans la prévention des risques psychosociaux n’est pas un luxe. C’est un choix stratégique, humain et économiquement responsable.
Les organisations qui agissent en amont ne cherchent pas à éviter les difficultés. Elles choisissent de les traverser avec lucidité, maturité et cohérence.
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Catherine Davo





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