• Catherine Davo

Le syndrôme de l'imposteur, comment le dompter


Êtes-vous de ces personnes que l’on peut qualifier de modestes? Incontestablement, notre éducation est rarement portée vers l’éloge de soi. Mais chez certains, ce discrédit de leur qualités est poussé à outrance. On parle alors du syndrome de l’Imposteur. Ce n’est pas une pathologie à proprement parler. C’est une méconnaissance de ses mérites qui peut devenir handicapante.

Vous le détecterez facilement.


Avez-vous tendance à minimiser vos victoires? «C’est un coup de chance, c’est grâce aux autres, j’ai eu de l’aide… »

Vous êtes incertain d’être assez qualifié pour votre poste et n’osez, de ce fait, demander une augmentation?

Vous retardez un projet professionnel car il vous manque un diplôme (puis encore un et encore un)?

Vous avez une petite voix qui vous parle dans la tête (celle de votre mentor, d’un professeur, d’un parent)? « Tu n’es pas assez bon, pas assez qualifié, d’autres feront mieux et plus vite, on ne peut compter sur toi. »


Arrêtez de vous dévaloriser. Il est indispensable de s’adresser à soi comme à un ami : avec gentillesse et bienveillance. Faites vous confiance et reconnaissez vos qualités. Quand on vous fait un compliment (sur votre travail, votre physique, votre nouvelle robe ou l’éducation de vos enfants), dites juste « Merci ». Rien de plus. Pas de « Merci, ce n’est rien » … ou « C’était en soldes », « C’est génétique », « J’ai de la chance ».


Arrêtez de vivre dans une illusion. Dans le monde idéal (celui qui n’existe pas, on est bien d’accord) vous pourriez tout savoir, tout réussir, tout accomplir sans faute, seul et dans les délais records. Mais, voilà, ce monde ci est réel et donc imparfait. Tout comme vous. Tout comme chacun d’entre nous ! Acceptez vos imperfections. Elles ne diminuent en rien vos aptitudes. Vous avez des faiblesses, des défauts? Parfait ! La Vie va vous permettre d’en prendre conscience et d’y travailler. Vous avez aussi des qualités. Listez-les (prenez une grande feuille)!


Ne vous jugez pas et ne présupposez pas du jugement des autres. D’ailleurs, qu’importe leur avis face à votre valeur, à votre unicité. Ne vous comparez ni à vos amis ni à vos collègues. Chacun a ses défis, ses zones d’ombres et ses atouts. Chaque jour, soyez en empathie envers vous-même. Souriez face au miroir, félicitez-vous pour de petites et grandes réussites, acceptez vos échecs et vos limites. Ils ne sont qu’un tremplin pour aller de l’avant.


Et la petite voix qui est toujours là? Faites-en une alliée ! Elle vous souffle que vous n’arriverez pas à gérer la maisonnée et le travail en parallèle? Elle a peut-être raison. Voyez cela comme une invitation à revoir vos priorités. Elle vous dit qu’une certification est nécessaire pour décrocher ce travail? C’est possible. Postulez tout de même et vous serez fixé. S’il s’avère que des études étaient indispensables, vous pourrez les entreprendre. Elle chuchote que vous êtes incapable de terminer ce projet à temps? C’est le moment de demander de l’aide et de l’accepter. Cela aussi ça s’apprend.


Dompter le syndrome de l’Imposteur est, avant tout, reconnaître qu’il fait partie de votre vie. C’est se donner le droit d’être imparfait et valoriser ses réussites. C’est aussi croire, dur comme fer, que, chaque jour, vous faites de votre mieux. Et que ce « mieux » est « assez » !

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